L’allégation officielle face à la vérité

Comment Mehmet Çetin est-il mort ? L'allégation officielle face aux documents

Les allégations officielles sur la manière, le lieu et la main dont la mort est survenue — confrontées ligne à ligne aux documents du même dossier.

Dans chaque ligne, l'allégation officielle est à gauche ; les documents du même dossier, à droite.

Qui a tué Mehmet Çetin ?

Allégation officielle

La balle prélevée dans le corps de Mehmet Çetin a été tirée d'un fusil portant l'ADN de l'accusé Şükrü Seymen — c'est donc Seymen qui l'a tué.

Les documents

Le litige ne porte pas sur l'ADN, mais sur la blessure. La balle est consignée comme ayant été prélevée dans une blessure au genou gauche — une blessure que quatre documents indépendants attestent comme inexistante : le premier examen médico-légal, le procès-verbal d'examen post-mortem signé devant neuf témoins, les photographies et la vidéo de l'autopsie, et le rapport vestimentaire, qui n'a relevé aucune perforation à la jambe gauche du pantalon. On ne prélève pas une balle dans une blessure qui n'a jamais existé. La blessure écartée, la chaîne qui relie le fusil au corps — et avec elle l'accusation contre Seymen — n'a plus rien sur quoi reposer.

Document: Mehmet Çetin — aucune plaie par balle au genou gauche, Procès-verbal d'examen externe du corps et d'autopsie, Rapport d'expertise — analyse chimique des vêtements, Rapport général d'examen médico-légal de Mehmet Çetin

Comment et où Mehmet Çetin est-il mort ?

Allégation officielle

Il a été tué dans la première rafale de tirs quand les soldats ont atteint la villa, alors qu'il était dehors.

Les documents

Les preuves matérielles situent la mort ailleurs, et plus tard. Son sang a été trouvé à l'arrière de la villa 1751 — bâtiment où les soldats ne sont jamais entrés et qui ne portait aucune trace de balle — et nulle part près de la villa 1782, où s'est réellement déroulé l'échange de tirs avec les soldats. Les témoins le disent vivant pour la dernière fois vers 03 h 00–03 h 15, après l'arrivée des soldats. Il ne peut donc être tombé dans la première rafale sur laquelle repose la version officielle.

Document: Rapport d'examen des lieux — emplacements des traces de sang, Rapport d'expertise criminalistique — échantillons de sang et ADN, Procès de Marmaris du 15 juillet — Jugement motivé

Si les caméras ne montrent aucune deuxième équipe, quelqu'un d'autre que les soldats a-t-il pu le tuer ?

Allégation officielle

Les caméras ne montrent que les accusés toute la nuit ; il n'y a aucune image d'une autre équipe, donc personne d'autre n'a pu le faire.

Les documents

La prémisse est exacte, et elle désigne l'intérieur plutôt que l'extérieur. Il n'y avait pas d'équipe extérieure parce que le tueur ne venait pas de l'extérieur : les preuves désignent un membre interne — un agent du dispositif de protection — qui a appelé Mehmet Çetin par radio à l'arrière de la villa 1751 et l'a abattu dans le dos. Les caméras intérieures qui l'auraient enregistré étaient manquantes, dégradées ou jamais remises, et les lampes alentour avaient été brisées avant l'arrivée des soldats. Là où le témoignage lui-même a été supprimé, son silence ne saurait valoir preuve que rien ne s'est produit.

Document: Mehmet Çetin — plaies par balle dans le dos, Brochure du poste radio Aselsan 4715

Si les rapports médico-légaux sont authentiques et codés, cela ne prouve-t-il pas la blessure ?

Allégation officielle

Les rapports médico-légaux sont réels, non falsifiés — ils sont munis de codes-barres ; et si l'on devait en falsifier un, pourquoi pas aussi pour l'autre policier tombé ?

Les documents

La question n'est pas l'authenticité, mais l'exactitude. Nous n'alléguons aucune falsification. Nous montrons qu'un rapport régulièrement établi et muni d'un code-barres consigne une blessure que tous les autres documents du même dossier contredisent. Un code-barres atteste qu'un formulaire a été traité et enregistré — jamais que la blessure qu'il décrit existait sur le corps. Et la logique même de l'objection échoue : elle suppose une falsification que l'on aurait renoncé à répéter pour l'autre policier, alors que nous n'alléguons aucune falsification — seulement un rapport isolé en contradiction avec son propre dossier.

Document: Mehmet Çetin — aucune plaie par balle au genou gauche, Rapport général d'examen médico-légal de Mehmet Çetin

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